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HOMMAGE A CLAUDE LOUIS-COMBET
Dans la continuité de l'Assemblée générale
HOMMAGE A CLAUDE LOUIS-COMBET

DE LA CHAIR COMME DU VERBE

L'ALCHIMIE D'UNE LANGUE

par François MIgeot et Judith Alvarro-Migeot 

Mercredi 25 février à 19h suivant l'Assemblée générale de saute-frontière

 Louis-Combet est un des derniers écrivains de l’imaginaire, du fantasme.                                                                                                                Et s’il n’est pas mieux connu, c’est peut-être parce qu’il y a un certain danger à le lire.                                                                                           On est happé, digéré avec patience, poussé à des extravagations inouïes. 

                                       Éric Loret, Libération   


  Pas d'invectives ni d'éclats, seule une persévérance par la langue jusqu'au plus dangereux de l'intime, là où sourdent les pulsions terrifiantes, là où s'unissent sur des couches moussues les amants qui envoient paître le monde social et sa grande mascarade"                                                                                    Patrick Aatréaux, Libération 

                                                                           https://remue.net/claude-louis-combet


Pour cet hommage à Claude Louis-Combet que nous allons rendre le mercredi 25 février à 19h à la maison de la poésie transjurassienne,  notre  bibliothèque associative en complicité avec les deux plus proches amis de Claude, François Migeot et Judith Alvarado-Migeot, proposent de s’appuyer sur son dernier livre publié chez Corti en 2022, Christine l’admirable, en faisant le pari qu’à partir de cette dernière Hagiographie on pourra (re)trouver nombres de liens qui ouvrent une communication avec l’ensemble de cet œuvre imposant, et donc un retour sur nombre d’aspects de ce vaste archipel, tant il est vrai que tout y résonne.

À preuve de cette résonance, on terminera cette rencontre par la lecture d’extraits du Petit Œuvre Poétique qui feront écho au chemin parcouru par l’écrivain-poète.

Claude Louis-Combet, un passant considérable et secret dont la présence ne fera que grandir dans sa postérité et pour laquelle notre bibliothèque se voudrait un écrin à cette oeuvre admirable autant que singulière. 

L’écriture de Claude Louis-Combet est conduite par une voix intérieure qui n’est pas seulement adressée aux yeux ; elle est aussi adressée à l’oreille qui la reconnaît vite entre toutes.

Et dans tous ces ouvrages, même dans ceux qui conduisent des analyses très serrées, tels que Du sens de l’absence (1984) ou Écrire de langue morte, on retrouve cette amplitude musicale du phrasé qui fait entrer en résonance générale tous les pans d’un œuvre exceptionnel et remarquable : original par la singularité des thèmes et par leur ouverture à l’onirisme et la fantasmatique, mais surtout servi par cette prose somptueuse et musicale. C’est que le mouvement de l’écriture, son élan, le souffle qu’elle porte est sans doute plus important que le propos qu’elle véhicule, qu’il soit narratif ou réflexif. L’écriture et les méandres de la phrase reconduisent l’écrivain aux origines du langage, au murmure intérieur intra-utérin qui berce l’enfant à naître que Louis-Combet n’aura de cesse d’explorer à rebours, comme pour regagner l’enclos de ce monde prénatal.                                                     

Claude le rappelait dans son Petit œuvre poétique : sa langue écrite est

« Comme une phrase sans interstices, tout entière enveloppée d’elle-même et close, hermétiquement, aux incidences du jour. Sans autre intention que d’assurer son équilibre et sa paix, son poids et sa mesure, son rythme et son temps,
  Sachant que, liés les uns aux autres par les puissances d’amour du souffle et de la salive, les mots ont une chance de tenir contre toute tentation de rupture (...)   Extrait de Le petit œuvre poétique p.35, éditions José Corti 1998.

Ce style, aussi admirable que singulier, Claude l’a mis au service de tous ses écrits, qu’ils soient fictionnels, poétiques  ou théoriques qui lui ont valu Le grand prix de la Société des gens De lettres attribué en 2022, au moment où il publie chez Corti Christine l'admirable. 

Sainte Christine l’Admirable (1150-1224) s’est trouvée reléguée dans les recoins les plus écartés de l’hagiographie. Elle est un défi aux convenances et au bon sens. Et c’est pourquoi il est nécessaire de la rejoindre, dans les grandes lignes de sa vie et dans l’extrême singularité de sa personnalité. Révulsée par l’odeur des hommes (des mâles) mais gratifiée du don de lévitation, elle rompit avec le monde, tel qu’elle le connaissait, dans son Brabant natal, et vécut la plus grande partie de sa vie dans les arbres, parmi les oiseaux.

Lire les hommages à Claude Louis Combet sur le site des Editions José Corti : https://editions-corti.fr/auteurs/claude-louis-combet


Qui sont nos invités François Migeot et Judith Alvarro-Migeot ?

               

François Migeot, universitaire, traducteur, poète et écrivain. Après avoir suivi l’enseignement philosophique de Sarah Kofman, il poursuit sa formation à l’université expérimentale de Vincennes auprès notamment de Jean-Pierre Richard, Tzvetan Todorov, Michel Deguy, Ludovic Janvier, Yves Bonnefoy, Luce Irrigaraï, et Jean-Bellemin-Noël avec qui il fera une thèse de littérature d’orientation psychanalytique sur André Breton et les Vases communicants. Enseignant-chercheur, puis directeur de recherches, à l’université de Franche-Comté. Il y fonde avec Thomas Aron le séminaire Texte, lecture, interprétation qui accueillera, durant cinq ans (1988-2003), nombre de chercheurs et d’écrivains chercheurs (français et étrangers) attachés à la production et à la réception des textes. Prix Ilarie Voronca (1993) pour Descente de voix, Éd. Jacques Brémond), il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages dont Dans le souffle (2023), Au fil de la chute (2022) et Pierre Bonnard, au cœur de l’instant (2021), parus à L’Atelier du Grand Tétras.

Parmi ses derniers livres : Dans le souffle (Grand prix des Trouvères 2024), Les Écrits du Nord, Éditions Henri, 2025 ; Battements, Le Cormier, 2025, La traversée des formes (avec Jacques Ancet), L’Atelier du Grand tétras, 2025.


Judith Migeot-Alvaradouniversitaire et traductrice. Née à Mérida (Venezuela), elle vit à Besançon. Professeur de littérature hispanoaméricaine au Venezuela, puis docteure en sciences de l’éducation (université de la Sorbonne, sciences humaines), elle est maître de conférence honoraire de sociologie à l’université de Franche-Comté, membre du Cerlis (Centre de recherche sur les liens sociaux) au CNRS-Paris jusqu’en 2000, puis membre d’ELLIAD-UFC (université de Franche-Comté). Elle est également traductrice de poètes francophones en espagnol, dont Lionel Ray, Ludovic Janvier, Bernard Noël, Jean Metellus, Jacques Gaucheron, Françoise Ascal, François Migeot, Henri Meschonnic, Claude Louis-Combet, Pierre-Yves Soucy, Roland Ladrière, François Debluë et des poètes vénézuéliénnes en français : Éditrice en 2008 d’un numéro spécial de la Revue Poesia (université de Carabobo, Valencia, Venezuela), en hommage au poète Ludovic Janvier. Avec son concours, elle a réalisé une anthologie des œuvres de ce poète traduites en espagnol, Et souviens-toi que tu es souffle, à paraître. Elle codirige la collection Entre deux rives à L’Atelier du Grand Tétras.






               



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