
Maison de la poésie transjurassienne 15 avril 2026 - 19h
Rencontre avec Ubah Cristina Ali Farah
« Le voyage c'est la vie qui change notre perception de la réalité »
Ubah Cristina Ali Farah est née en 1973 à Vérone, en Italie, d’un père somalien et d’une mère italienne. Elle a grandit à Mogadiscio où elle fréquente une école italienne jusqu'à ce que la guerre civile en Somalie éclate en 1991 et l’oblige à quitter brutalement la Somalie. Après un passage par la Hongrie, elle revient avec sa famille en Italie où elle obtient un diplôme universitaire italien lettere à Rome. Depuis 2013, elle réside à Bruxelles.
Ubah Cristina Ali Farah est poète, romancière, dramaturge, librettiste et interprète orale italienne somalienne dont l'imaginaire somalien nourrit son écriture en italien.
En s'affirmant comme la représentante la plus puissante de toute une génération d'écrivaines originaires de la Corne de l'Afrique (Somalie, Erythrée, Ethiopie) , elle nous livre un kaléidoscope saisissant sur la diaspora somalienne, racontée comme une histoire-monde.
Avec Ubah Cristina Ali Farah nous irons à la rencontre de son oeuvre publiée, depuis son premier roman de jeunesse qui donne la parole aux exilés : Madre piccola (2007, Prix Vittorini 2008), traduit en anglais puis en français aux éditions ZULMA (France 2023), à l'écriture en cours Telles des spores disséminées aux quatre vents du monde (titre provisoire), approche décoloniale de la botanique à commencer par les noms des plantes imposés par les colonisateurs.
Ce point de vue a retenu toute notre attention lors de sa résidence en juillet 2025 à la fondation Michalski en Suisse, et nous lui avons proposé de poursuivre cette réflexion dans le haut-Jura.
En 2017, la Maison des Ecrivains Etrangers et des Traducteurs MEET à St Nazaire l'accueillait pendant deux mois en résidence . Elle publie alors dans leur collection bilingue " Un sambouk traverse la mer - Un sambuco attraversa il mare" traduit de l'italien par Olivier Favier.
Cette anthologie rassemble quatre textes inédits de jeunesse (RapdiPunt - Petite mère - Entièrement - Un sambouk traverse la mer ) dont deux ont fait l'objet de performances ainsi que trois nouveaux récits " Les cendres du phénix ", "Les phases de la lune" et "Les cheveux du jujubier" que nous pourrons découvrir lors des différentes rencontres avec Ubah Cristina Ali Farah sur le territoire Haut-Jura Saint-Claude.
Extrait de la 4eme de couverture de l'ouvrage : Dans un monde où du chaos nait la résurrection (Les cendres du phénix), les femmes continuent de donner la vie et de construire. Parfois elles partent au combat à leur tour (Les phases de la lune) parce qu'un combat où il y a seulement des hommes est mutilé, un combat où il y a seulement des hommes est un combat voué à l'échec. Si la guerre mène à la folie (Les cheveux du jujubier), fuir à l'autre bout du monde n'arrête pas la transmission de la mémoire (Petite mère, Rapidipunt) .
Derrière chaque récit d'Ubah Cristina Ali Farah, où qu'ils se passent, il y a le savoir de l'exil et le souvenir d'une Mogadiscio ravagée par trente années de guerre civile.
Il y a surtout une rare puissance d'évocation qui permet de ranger son œuvre, écrite en italien, aux côté des plus grandes écrivaines francophones ou anglophones qui témoignent de l'Afrique d'aujourd'hui.
Deux romans déjà parus en Italie sont attendus en traduction française par François-Michel Durazzo aux éditions Zulma en complément de Madre Piccola (2023) :
- Le Commandant du fleuve (publication en Italien, 2014) ainsi que Les phases de la lune (publication en italien , 2021)
En plus de ses oeuvres fictives, Ubah Cristina Ali Farah a également publié en 2018 un livre sur l'histoire, l'ascension et les thèmes communs du théâtre populaire somalien de 1940 à 1990.
A suivre aussi son travail sur la réécriture collective et la mise en scène des pièces de théâtre qui facilitent l’inclusion des demandeurs d'asile et valorisent de nouvelles formes d’appartenance. : Trajectoires transculturelles au théâtre italien

Glory Arekekhuegbe et Kassie Sunday lors de la pièce Antigone Power, écrite par Ubah Cristina Ali Farah et dirigée par Giuseppe Massa, interprétée par la société Sutta Scupa à Cantieri culturali della Zisa, à Palerme, Italie, en juillet 2018.
Ubah Cristina Ali Farah est accueillie deux semaines en résidence à la Maison de la poésie transjurassienne en partenariat avec la médiathèque et le musée de l'Abbaye de Saint-Claude (Jura).

Les cheveux du jujubier, livre d’artiste à quatre mains avec Goele Dewanckel(artiste-illustratrice) et Ubah Cristina Ali Farah (Editions Else Edizioni 2018 - traduit en cinq langues) Exposition et lecture sonore
Médiathèque le Dôme, 23 avril 2026 – 18h
EXPOSITION du livre d’artiste « Les cheveux du jujubier » du 1er avril au 4 mai 2026
ATELIERS avec Ubah Cristina ALI FARAH
RESTITUTION Jeudi 23 avril suivie d'une LECTURE SONORE de l'ouvrage
En s’inscrivant dans le projet d’écriture en cours de Ubah Cristina Ali Farah, la médiathèque le Dôme souhaite tisser des liens avec elle à propos de la migration des personnes et des plantes. En s’intéressant aux végétaux, leur voyage, les lieux où ils poussent, Ubah collectera la parole des gens, leur rapport aux plantes.
Quatre ateliers de 3 heures avec des habitants allophones et des migrants (participants des ateliers de français de la médiathèque) sont imaginés autour des tisanes, récolte de plantes, atelier de fabrication de baumes, cuisine (soupes) etc.. . en complément de l’écriture et du dessin.
La restitution publique permettra de découvrir la correspondance entre parole, écriture et dessin par la présentation d’affiches réalisées avec les participants des ateliers en complicité avec Ubah Cristina Ali Farah et Goele Dewancke

Portrait de femme d'Afrique du Nord (sans date) Marie Nivouliès
Musée de l’Abbaye Samedi 25 avril 2026 - 17h
Ubah Cristina Ali Farah, écrivaine contemporaine de la diaspora africaine apportera une vision imprévue de la décolonisation en écho à Marie Nivouliès (1879 - 1968) peintre originaire de Toulon et aux récits des voyageuses du désert.
Parcours littéraire avec le collectif éphémère Echos d'Orient autour de figures émergentes d'écrivaines-voyageuses de la fin du 19 ème siècle - début du 20ème siècle,
En préambule à l’exposition récemment acquise de la collection Marie Nivouliès (1879-1968) qui sera présentée par le musée de l’Abbaye au printemps 2027, à la demande du musée auprès de la Maison de la poésie transjurassienne, Florence DAUDE, artiste, a imaginé un parcours littéraire autour de figures émergentes de femmes-artistes. Le 25 avril 2026, quelques tableaux de ce fonds local borneront notre déambulation dans l’exposition temporaire RÉSONANCE du FRAC Bourgogne Franche-Comté avec des voix de romancières de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième siècle. Ces lectures portées par le collectif éphèmère ECHOS D'ORIENT avec le metteur en voix Timothée LAINE, mêleront monde occidental, oriental, extrême-oriental, entre colonisation, féminisme naissant, deuxième guerre mondiale, industrialisation, indépendances.
Nous entendrons dans une première partie des voix de femmes écrivaines, ethnographes, archéologues, anthropologues qui s’aventurèrent en Mauritanie, Syrie, Perse : Odette du PUIGAUDEAU, Vita SACKVILLE-WEST, Jane DIEULAFOY, Gertrude BELL.
Après la seconde guerre mondiale viendra le temps de la décolonisation, du mouvement de libération des femmes
Pour ouvrir à ce devenir, Ubah Cristina Ali Farah donnera à l’exposition RÉSONANCES une vision imprévue de la décolonisation en écho à la peintre Marie NIVOULIES et aux récits des voyageuses du désert.
Une introduction au cinéma écrite par Marguerite DURAS dans l’émergence d’une création féminine à part entière, ouvrira la seconde partie de ce voyage avec un film documentaire de Olivier MOREL "EVER,RÊVE, HELENE CIXOUS", zadig production.
Cette soirée au musée de l’Abbaye dans les œuvres de l’exposition RÉSONANCE mettra en voix un monde profondément travaillé par l’émancipation des femmes, entre colonisation et décolonisation.
Mauritanie : Odette du PUIGAUDEAU (Saint-Nazaire 1894- Rabat 1991)
Syrie : Gertrude BELL (Washington G-B) 1868- Bagdad 1926),
Perse : Vita SACKVILLE-WEST (Knole House 1892- Sissinghurst 1962)
Jane DIEULAFOY (Toulouse 1851- Toulouse 1916)
Indochine : Marguerite DURAS (Saïgon 1914- Paris 1996)
Algérie : Hélène CIXOUS ( Alger 1937- )
Somalie – Italie : Ubah Cristina Ali Farah (Vérone 1973- )
Ce travail n’aurait pas été possible sans les recherches et publications contemporaines de Natascha UECKMANN « Genre et orientalisme » (UGA Éditions collection Vers l’orient)
Laurence CHAMLOU « Mirages persans » (UGA Éditions collection Vers l’Orient)
